Jeudi 17 janvier : Guilin - Congjiang, la galère (dans tous les sens du terme)

6h40, gare routière de Guilin. Départ pour Congjiang à 7h passées.
Une chose nécessaire à savoir sur la Chine : il ne faut pas compter ses heures et ne pas trop être pointilleux au sujet de la précision des transports (sauf pour les trains...)
Départ donc en bus couchettes sur lesquelles les gens sont entassés. Mais nous avions nos propres couchettes alors tout allait bien !
Enfin, Paule s’est fait un ami…
Les bus se remplissent de deux façons : par les billets vendus dans les gares et « à la sauvette ». C’est-à-dire que le chauffeur ramasse les gens qui font du « stop » sur la route. Les bus se retrouvent ainsi rapidement bondés et faute de place, les personnes se mettent à deux voire trois par couchette, déjà pas bien grande…
Commence un voyage extraordinaire à travers de magnifiques paysages et de vrais moments d'émotions.
Le trajet devait être long, nous avions donc prévu un pamplemousse (ici aussi gros que des pastèques) et nous avions les supers Twix de Paule. Nous avons tenté de prolonger notre nuit d'une petite heure mais le froid était trop saisissant pour réussir à dormir. Heureusement que nous avions une couverture par couchette pour s'enrouler dedans. Bien que l'aspect de celle-ci soit répugnante...
Vers 12h, le bus s’arrête net et débarque tout le monde : la route est bloquée et ne peut donc aller plus loin !! Mouvement de panique entre Paule et moi. On va devoir se débrouiller seules dans cette région où les gens parlent un dialecte incompréhensible pour nous, petites Françaises. Misère... On nous rembourse une partie de nos billets (les arnaqueurs…) et des bateaux du type « galères » nous attendent pour faire la navette jusqu’à un autre lieu perdu où passent de temps à autres des bus pour la suite du chemin. Il ne manquait plus que les rames et on s’y croyait ! Bus bondés donc bateaux surchargés.
Nous ne savons pas où nous allons et sommes assez déroutées. 5 min après avoir dénarqué, alors que nous étions entourées de chauffeurs de ‘mianbao’ (mini-bus pour 6 pers.) et que nous négocions des prix effarants, un bus nous ramasse sur le bord de la route.
Je retire mes critiques sur la façon de se faire de l’argent au black en surchargeant un bus…


Pendant 5 minutes nous avons bien cru que la galère était terminée. Elle n’était malheureusement que dans son ascension. A peine montées dans le bus, on nous jette littéralement dehors car nous sommes étrangères et le bus est trop chargé pour passer les contrôles de police. Indignées, nous allons vers la police. J'explique la situation, le policier s’adresse au chauffeur qui n’en fait qu’à sa tête et refuse de nous reprendre. Ou alors, la police trop heureuse d'avoir la paix, ne dit rien et laisse passer un bus bondé -2 étrangères...
Heureusement, nous retrouvons la « maman au petit garçon » qui était avec nous dans le premier bus. Elle nous aide et montons finalement dans un bus après 30 bonnes minutes d’attentes. Le trajet se termine en taxi payé par le chauffeur du bus pour rentrer dans la ville de Congjiang.
Après 12h de transport et de merdouilles, nous partons à la recherche d’une chambre où passer la nuit. Là encore, notre statut d’étrangère ne joue pas en notre faveur sauf pour les patrons d’hôtels qui ne respectent pas la loi en vigueur, à savoir hôtels pour étrangers référencés. Hôtel à 40¥ avec une grande (trop) chambre et douche à la chinoise (tuyau d’arrosage). Chambre propre. Nous avons été acceptées dans l’hôtel même si ce n’est pas un hôtel pour étrangers.
Petit bouiboui et un bol de soupe à la main avant une bonne nuit car plein, voire trop d’émotions dans une même journée, ca fatigue !
Congjiang = ville moche et pas très accueillante.
A savoir à la date de janvier 2008 : la route entre Sanjiang et Congjiang est infecte : pas du tout goudronnée et bloquée constamment par des éboulements. Nous conseillons, pour l'avoir fait au retour, de faire la route en deux fois : Guilin-Sanjiang / Sanjiang-Congjiang avec un changement de gare et de bus à Sanjiang. Cela se fait très bien car les deux gares sont vraiment très proches et cela n'allonge absolument pas le voyage. Dans les deux cas nous avons mis 12h à chaque fois.
Pour dormir au chaud dans une chambre sans chauffage : faire un duvet avec sa couette et avoir une voisine au minimum 2 couvertures par-dessus.
La suite : Vendredi 18 janvier, Biasha - Zhaoxing, entre Miao et Dong
1er épisode : Mercredi 16 janvier, un départ sur les chapeaux de roues !
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